Santé et internet des objets

Cet article est le premier d’une série consacrée au thème des liens entre la santé et l’internet des objets.

La santé et l’internet des objets sont deux des forces de la région Nord-Pas de Calais, identifiés comme telles dans la Stratégie de Recherche et d’Innovation. Mais la recherche et l’innovation dans la santé, ce n’est pas uniquement de nouveaux médicaments. L’internet des objets va révolutionner complètement le secteur de la santé et l’avenir du soin ne peut plus s’envisager sans un lien très fort avec l’évolution des technologies numériques. Le potentiel de transformation est énorme, les uns prédisant le « meilleur des mondes », les autres de véritables avancées au bénéfice de tous, à une échelle mondiale.

L’internet des objets

L’Internet des objets représente l’extension de l’internet à des choses et à des lieux du monde physique. Alors que l’nternet ne se prolonge habituellement pas au-delà du monde électronique, l’internet des objets (IdO, ou IoT pour Internet of Things en anglais) représente les échanges d’informations et de données provenant de dispositifs présents dans le monde réel vers le réseau Internet. L’internet des objets est considéré comme la troisième évolution de l’internet, baptisée Web 3.0 (parfois perçu comme la généralisation du Web des Objets mais aussi comme celle du Web sémantique) qui fait suite à l’ère du Web Social. L’internet des objets est en partie responsable de l’accroissement du volume de données générées sur le réseau, à l’origine du Big Data. L’internet des objets revêt un caractère universel pour désigner des objets connectés aux usages variés, dans le domaine de la domotique, du Quantified Self ou, bien sur, de la santé[ref]http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_des_objets[/ref].

Internet des objets : une histoire qui commence

Comme le montre ce graphique, les technologies et leur coûts évoluent très vite, permettant l’émergence rapide de nouveaux usages dans tous les domaines (logistique, surveillance, sécurité, téléprésence …).

Bientôt 50 milliards d'objets connectés ?
Bientôt 50 milliards d’objets connectés ?

C’est le rythme de croissance du nombre d’objets connectés qui crée à la fois l’effervescence des analystes et des industriels autour du sujet et une grande part des possibilités énormes de ces technologies. En 2003, il y avait à peine 500 millions d’objets connectés alors qu’on s’attend à ce 50 milliards d’objets puissent interagir en 2020, soit une croissance moyenne annuelle de 30 % ! La multiplication des informations collectées (outre les problèmes environnementaux et de consommation d’énergie, mais ça c’est un autre sujet[ref]http://www.linformaticien.com/actualites/id/30003/le-big-numerique-consomme-10-de-l-electricite-mondiale.aspx[/ref]) aura des impacts incalculables dans le domaine de l’intelligence artificielle ou des algorithmes prédictifs.

Les applications de l’internet des objets peuvent se répartir selon Mac Kinsey & Company[ref]http://www.mckinsey.com/insights/high_tech_telecoms_internet/the_internet_of_things[/ref] en 2 grands thèmes et 6 catégories :

  • analyse et traitement de l’information
    • 1 – suivi du comportement des personnes et des choses dans le temps
    • 2 – connaissance en temps réel de l’environnement (état et localisation des objets et des personnes autour de nous)
    • 3 – aide à la décision sur la base des données collectées dans l’environnement (réseaux de capteurs, …)
  • contrôle et automatisation
    • 4 – optimisation des process de fabrication
    • 5 – optimisation de la consommation des ressources
    • 6 – mise en place de systèmes autonomes en environnement ouvert (évitement des collisions, …)
Les applications de l'internet des objets se répartissent en 6 catégories
Les applications de l’internet des objets se répartissent en 6 catégories

L’internet des objets et la santé

Si on applique ces différentes catégories au domaine de la santé, on obtient les pistes suivantes :

Beaucoup de technologies portables sont déjà accessibles aux consommateurs.
Beaucoup de technologies portables sont déjà accessibles aux consommateurs.

Suivi du comportement des personnes et des choses :

On pense bien sur immédiatement aux « wearables » (technologies portables) qui se développent très vite commercialement. De la casquette à la montre en passant par les chaussettes, tout devient connecté ! Fréquence cardiaques, calories ingérées ou dépensées, rythme d’ingestion de nourriture, les mailles du filet qui crible nos comportements se réduisent de jour en jour. Au-delà des contestations éthiques ou philosophiques qui se font jour légitimement, les utilisations possibles de toutes ces nouvelles informations sont énormes (que ce soit de façon prédictive ou curative).

  • incitation à des comportements plus favorables à la santé
  • détection de maladies mentales
  • mesure de l’exposition à des zones allergènes …
Google permet déjà de détecter les épidémie plus efficacement que certaines cellules de veille. Qu'en sera-t-il avec les objets connectés ?
Google super docteur ?

Connaissance en temps réel de l’environnement

L’immense quantité d’informations bientôt disponible sur la santé de tout un chacun pose de nombreux problèmes éthiques. Toutefois, même anonymisées, ces informations peuvent être utiles en tant qu’aide à la décision pour la santé publique ou même pour le diagnostic individuel. Quand une maladie se répand rapidement, un diagnostic rapide peut faire toute la différence entre la vie et la mort.

  • diagnostics plus rapides
  • utilisation des compétences des médecins pour vérifier les informations collectées plutôt que pour les collecter aux-mêmes (gain de temps)

Aide à la décision sur la base de l’analyse d’informations collectées par des réseaux de capteurs

En utilisant la maintenance prédictive et la surveillance en temps réel, il est possible d’envisager l’amélioration :

  • des soins délivrés aux patients (mesures conduisant aux diagnostics plus précises)
  • de la gestion des maladies chroniques,
  • de l’administration de l’hôpital,
  • de l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement.

Optimisation des processus de fabrication

Avec une gestion plus efficace des données, les hôpitaux seront en mesure d’améliorer leur productivité et l’utilisation de leurs matériels critiques.

  • un meilleur ordonnancement. Par exemple, la capacité de bénéficier rapidement d’une IRM peut signifier la différence entre la vie et la mort d’un patient. L’internet des objets peut aider à déterminer le meilleur calendrier ou la meilleure organisation de telle sorte que plus de patients peuvent bénéficier de ce type de matériel.
  • une utilisation plus fréquente des matériels critiques via le contrôle et le support à distance
  • le réassort efficace en médicaments, produits et matériels, de sorte qu’aucune rupture de stock ne se produise (version plus sérieuse et plus utile que le « frigo connecté »)

Ressources

La révolution des objets connectés en santé (vidéo AP-HP)

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